samedi 18 décembre 2010

Combien pour un père Noël ?

Qui n’a jamais rêvé de revêtir cet indémodable costume rouge et blanc? Une véritable idole pour les plus jeunes, un lointain souvenir pour les plus vieux, il est l'incarnation de l'esprit de Noël que tout commerçant veut recréer dans son magasin pour attirer sa clientèle. Mais qui sont les régisseurs de ce monde féerique qui débarque actuellement dans nos centres commerciaux ? Entretien avec un recruteur pas comme les autres pour ce poste pas comme les autres.

Gil Coutigny : Sur quels critères recrute-t-on un Père Noël ?
Patrice Dart : Les profils recherchés sont de moins en moins spécifiques. Étudiant ou retraité, corpulent ou mince ne sont plus du tout des critères prédominants… Le costume et le maquillage permettent de transformer Monsieur-tout-le-monde en vieux barbu sympathique auprès des enfants. Pour tout vous dire, même les femmes commencent à trouver leur place dans ce métier, masculin par définition !

G.C. : Faut-il des aptitudes spécifiques ou une formation quelconque ?
P.D. : Non, pas besoin de formation particulière… Être comédien ou animateur n'est pas un prérequis non plus. Par contre, la fibre sociale est en particulier avec les enfants. En effet, le rôle de Père Noël n'est pas toujours facile à tenir auprès d'eux !
G.C. : Sur quels aspects ?
P.D. : Ils peuvent poser des questions déstabilisantes pour quelqu'un qui n'y est pas préparé… Nous mettons donc les candidats en situation en leur posant des questions comme "Pourquoi m'apportes-tu ce cadeau et pas celui que j'ai demandé ?" et "Où sont tes rennes ?" Il est essentiel que le Père Noël paraisse crédible pour que le mythe perdure.

G.C : Comment expliquez-vous que les candidats se font plus rares pour ce poste ?
P.D. : Les conditions de travail sont souvent difficiles. Il n'existe aucune convention collective, les employeurs peuvent faire ce qu'ils veulent avec leurs employés et parfois les salaires ne suivent pas… Beaucoup d'indépendants qui ont joué les Pères Noël une année ne recommencent pas ou privilégient de meilleures offres.

Les candidats pour ce job ne sont plus forcément monnaie courante, et pourtant, si l’on veut que nos bambins continue de rêver durant cette période exceptionnelle, une petite revalorisation du secteur s’impose ! Comme on dit, rêver n’a pas de prix…
Gil C.

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